Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s'apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d'embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d'un mal plus profond …
de Alauda Ruiz de AZÚA
Espagne, France, en salle le 11 février 2026 , 1h58
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Coquille d’or du meilleur film au Festival de San Sebastian 2025,
"Les Dimanches" est une œuvre feutrée, intimiste, et pourtant d’une violence sous-jacente inouïe. Abordant un sujet plus que délicat, autour du personnage d’une adolescente (Ainara, 17 ans), la foi, le long métrage explore sa possibilité dans le monde d’aujourd’hui, la manière dont elle peut-être perçue de l’extérieur, voire même les intérêts qu’elle peut finalement servir ou contrarier
La mise en scène signée Alauda Ruíz de Azúa (l’encore inédit "Lullaby" et la série "Querer"), elle soufflera en permanence le chaud et le froid, représentant certains agissements comme limite sectaires, faisant douter jusqu’au bout de la nature de ce que cherche Ainara : une communion ou juste un réconfort. Enfonçant le clou par son dénouement et l’attitude finale de chacun des adultes, "Les Dimanches" est en tous cas un brillant plaidoyer sur la nécessité de prêter attention au mal-être des adolescents, porté notamment par la bouleversante Patricia Lopez Arnaiz ("20 000 Espèces d’Abeilles", "Lettre à Franco"). Que l’on soit croyant ou non, on ressort indéniablement de la séance profondément bousculé, le personnage principal semblant au final aussi victime de ses propres souffrances, que des projections de chacun des personnages secondaires sur sa virginité d’adolescente, qu’il s’agisse de la sœur, de ses camarades, et surtout des membres de sa famille.
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Lorsqu’Ainara annonce qu’en lieu et place de l’université, elle préfère aller au couvent et devenir nonne, sa famille s’interroge. À mesure que son choix apparaît comme une authentique vocation et pas comme une passade, les tensions s’accentuent, jusqu’à un possible point de rupture. LES DIMANCHES aurait presque pu être un thriller mais la réalisatrice Alauda Ruíz de Azúa fait le choix, payant, de n’appliquer aucun sensationnalisme à son récit. Un parti-pris ressenti jusque dans son esthétique ascétique, où la photographie semble étouffer toute couleur dans la grisaille. L’iconoclasme de la situation n’intéresse pas la cinéaste, même si ce choix de vie rare et le parcours qu’il engendre, rarement racontés, rendent son film immédiatement captivant. Elle préfère apposer un regard réaliste, quasi anthropologique, et explorer par le menu tous les questionnements que le choix de sa protagoniste déclenche.
Une minutie d’écriture qui, pourtant, ne vient jamais cannibaliser l’émotion, comme le prouve un dernier acte particulièrement fort où la cinéaste se permet même quelques élans baroques.
Budapest 1957, après l'échec de l'insurrection contre le régime communiste. Andor, un jeune garçon juif, vit seul avec sa mère Klara qui l'élève dans le souvenir de son mari disparu dans les camps. Mais quand un homme rustre tout juste arrivé de la campagne prétend être son vrai père, le monde d’Andor vole soudain en éclats…
de László NEMES
Hongrie, en salle le 11 mars 2026 , 2h13
abusdecine.com :
Grâce au choix des couleurs, au travail sur les décors, Lazlo Nemes crée un parallèle entre l’état émotionnel de son personnage, et ces lieux sans lumière, où l’oppression règne à nouveau. L’omniprésence des soldats et autres agents des services secrets (sortes de silhouettes rachitiques sous de grands impers, englobées de fumée) fait froid dans le dos, la situation des jeunes révolutionnaires traqués fait écho aux conditions des juifs cachés durant la guerre, et le comportement des autorités met en évidence la continuité des persécutions qui ressurgissent malheureusement aujourd’hui. Mais au beau milieu trônent deux personnages qui rêvent d’une nouvelle vie, ce boucher et cette mère que la honte envahit malgré la nécessité, confrontés à la possible désillusion d’un jeune homme qui peine à construire son identité et à voir de la lumière dans pareil contexte. La fête foraine en cours de montage, qui sert de cadre vers la fin, pourrait en être le vrai symbole.
De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent.
de Cherien DABIS
Palestine, sortie le 11 mars 2026 , 2h25
Franceinfo Culture :
S'il est politique, le film est aussi un spectacle qui emprunte aux codes des séries, avec un montage qui alterne des séquences hyper rythmées, immersives, et d'autres plus posées, avec des dialogues bien écrits, qui éclairent la narration.
aVoir-aLire.com :
Le Que faire après la mort de notre enfant ? Surtout lorsque celui-ci a été probablement tué par un autre jeune ? Comment tenir debout alors que la guerre est le quotidien ? La réponse que donne la cinéaste est sidérante d’amour, elle relève de cette éthique chère à Emmanuel Levinas, mais pas seulement, car ce choix du don n’est que ce qui reste quand tout a été systématiquement exterminé.
Les Inrockuptibles :
Cherchant à traduire cette histoire pour un public occidental tout en restant ancré dans l’intimité de la Palestine, le film trouve dans cette tension entre récit historique et mélodrame au lyrisme assumé une véritable force émotionnelle.
Après la défaite japonaise, Yukiko, dactylographe sans le sou, retourne à Tokyo dans l’espoir de renouer avec Tomioka, un homme marié avec qui elle a vécu une intense histoire d’amour en Indochine durant la Seconde Guerre mondiale. Mais si leurs retrouvailles ravivent les braises de cette ancienne passion qui les hante, le sombre et indécis Tomioka ne semble pas partager les espoirs de Yukiko. Luttant pour survivre dans une société dévastée, la jeune femme emploiera toutes ses forces à le reconquérir...
de Mikio NARUSE
Japon, 1984, reprise 15 octobre 2025 , 2h04
abusdecine.com :
À première vue, le scénario de Nuages flottants semble relever du mélodrame, avec son lot d’adultères et d’infidélités, de viols et de crimes passionnels, d’avortements subis et de maladies fatales : et l’ensemble ne tient en un seul long-métrage qu’au prix d’autant de lacunes et d’ellipses. Mais la mise en scène de Naruse confère à l’intrigue une indéniable profondeur, le cinéaste réussissant le tour de force de marcher, sans jamais basculer, sur un fil tendu entre réalisme social et tragédie féminine.
Au fil de ses quatre-vingt neuf films tournés en trente-sept ans, Naruse s’est fait le portraitiste des femmes japonaises : elles n’y sont jamais réduites à des êtres fragiles ballottés par une société dominée par les hommes, mais luttent pour leur bonheur. Paradoxalement, ce réalisateur que Hideko Takamine surnommait « le vieil homme méchant », tant ses silences et sa franchise la terrorisaient, a réservé sa tendresse à ses seules héroïnes : l’actrice tourna d’ailleurs rien moins que dix-sept films sous sa direction.
Notes : Premier des "Dix Meilleurs Films" de Kinema Jumpō pour l’année 1955, troisième meilleur film japonais de tous les temps selon le classement établi par la même revue en 1999 et trente-sixième film préféré d’Akira Kurosawa, Nuages flottants a été présenté par Mikio Naruse comme un condensé de son cinéma. Yasujirō Ozu aurait confié qu’il s’agit du seul film, avec Les Sœurs de Gion de Kenji Mizoguchi, qu’il aurait été incapable de réaliser.
Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.
de Ildikó ENYEDI
Hongrie, sortie le 1er avril 2026 , 2h27
Le Polyester :
Les trois parties de Silent Friend, où l’on évoque les âmes et le sexe des plantes, racontent des quêtes émerveillées de savoir mais il s’agit aussi de trois récits de solitude et de rejet. Enyedi se penche sur différentes époques, différentes étapes du savoir scientifique, et différentes étapes de la place laissée aux femmes et aux minorités dans cette course à la connaissance ultime. L’autre point commun entre ces explorateurs solitaires, c’est un arbre centenaire (sans doute l’ami silencieux évoqué par le titre du film) planté majestueusement en plein milieu du campus. Ce dernier a beau être considéré comme un temple du savoir, le film nous parle ausis beaucoup de tout ce qui n’est pas encore su, ce qui est tu ou qui n’est pas compris.
Abus de Ciné :
La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi a été ovationnée dès la projection de presse vénitienne de son nouveau long. "Silent Friend" est un film qui tourne entièrement autour d’un arbre majestueux, un gingko (qui peut vivre jusqu’à plus de 1200 ans), dont la graine, en train de germer en accéléré, ouvre d’ailleurs le métrage. Planté dans le jardin botanique d’une université allemande, il est le point d’articulation de 3 histoires, disposées en des époques différentes.
Cher·es spectatrices et spectateurs,
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