Tout public
En 1648, au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa véritable identité.
de Markus SCHLEINZER
Allemagnne, sortie en salle le 9 septembre 2026, 1h34
Le polyester - Nicolas Bardot :
Rose réussissant à tromper toute une communauté : voici la surprenante dynamique d’un quiproquo de boulevard, trempée dans un drame historique en noir et blanc […]. Rose n’a besoin que d’enfiler un pantalon pour être pris pour un garçon : le film adhère à ce parti pris en soulignant l’absurdité des codes de genre. […] Incarnée par la toujours extraordinaire Sandra Hüller (qui n’a parfois besoin d’aucune expression pour suggérer énormément), Rose est un personnage fantastique par ce qu’elle accomplit (son culot héroïque, sa manière de se jouer des normes sociales, son talent pour faire fuir les ours) et ce qu’elle révèle de la communauté .
Franceinfo culture :
Sous la forme d'un conte de fées pour adultes, le réalisateur autrichien Markus Schleinzer revient sur l'histoire bien réelle de ces femmes qui autrefois firent le choix de se travestir en homme pour pouvoir vivre librement.
Tsounami:
Après Michael (2011) et Angelo (2018), Markus Schleinzer fait aujourd’hui le portrait d’une Rose – sous les traits de Sandra Hüller –, poursuivant son œuvre en donnant à chacun de ses films le prénom de son protagoniste. Comme si nommer un personnage suffisait à l’incarner avant même que le récit ne commence à l’éprouver. Chez le cinéaste, il ne s’agit jamais tant de raconter une histoire que de scruter un corps pris dans un système qui l’opprime : dès les premiers plans, la terre des campagnes brûle encore, elle fume, noircie par une bataille qui vient de s’achever. Des ossements émergent du paysage. Les hommes se sont battus ; il reste désormais à retourner à sa terre. Métaphore du combat que Rose doit encore mener ? Elle revient, elle aussi, de la guerre. Travestie en homme, le visage balafré, elle réclame une ferme abandonnée dont elle finit par hériter, comme si l’après-guerre imposait moins de survivre que de retrouver coûte que coûte une place dans l’ordre du monde. Schleinzer met en scène un conte populaire lui-même inspiré d’une histoire vraie du XVIIème siècle. Dans la campagne protestante allemande, une voix off retrace un destin, comme si elle cherchait à restituer une vérité ensevelie sous les bruits de cour et le bouche-à-oreille. Le film fait alors de l’existence de Rose une négociation permanente entre le corps, la propriété et les normes qui régissent l’une comme l’autre. Le folklore y côtoie la chronique judiciaire, l’indicible épouse la violence des institutions.
Tout public
Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
de Félix de GIVRY
France, Belgique, sortie en salle le 9 septembre 2026, 1h33
Libération :
"Adieu monde cruel" offre à la vie secrète des jeunes, narrée en voix off par Françoise Lebrun, les couleurs et décors qu’elle mérite, nuits bressoniennes et blancs de rêves au diapason de leurs affects, rendus extrasensibles par la pellicule 16 mm (photographie à tomber de Tara-Jay Bangalter).
Cahiers du cinéma :
Dans ce quasi-huis clos, cette fuite dans l’attente, ce surplace utopique, la dimension romanesque ne consiste pas à accumuler des situations mais, au contraire, à se donner le temps de les rêver. Et surtout, à travers la forme cinématographique, à se mettre totalement du côté de ces jeunes gens en magnifiant tout ce qui peut l’être.
Le bleu du miroir :
Présenté en clôture de la Semaine de la Critique 2026, Adieu monde cruel conclut de fort belle manière la sélection cannoise parallèle qui, comme chaque année, a offert un coup de projecteur sur des premières oeuvres, célébrant ainsi ce cinéma de la jeunesse, fragile et audacieux, souvent sensible aux états intérieurs et aux dérives mélancoliques. Pour son premier long métrage, Félix de Givry — apparu à l’écran chez Olivier Assayas ou Hazanavicius — signe un film séduisant traversé par les spectres du cinéma français romantique et adolescent.
SOIRÉE DOCUMENTAIRES : 2 FILMS à 18h et 20h30
Tout public
Dans une grotte, il y a plus de soixante ans, Madame Hậu est née. Aujourd'hui, elle vit dans un village avec ses petits-enfants, à qui elle transmet avec amour les savoirs ancestraux et la fragile langue Rục. Cheveux, papier, eau...
Filmé en 16 mm avec une vieille caméra Bolex, Hair, Paper, Water possède cette vibration unique des images oubliées, fragiles, presque arrachées au temps.
de Nicolas GRAUX et Minh Quý Trương
France, Vietnam, sortie en salle le 9 septembre 2026, 1h11
Ce documentaire a été sélectionné dans 21 festivals internationaux et a obtenu 4 récompenses prestigieuses :
Libération :
"Hair, paper, water" maîtrise l’art de la dérive. Raccord avec sa forme, un filmage en pellicule 16 mm profondément sensuel, le film se laisse imprégner peu à peu par tout ce qui constitue le paysage intérieur et extérieur de Madame Hau, à commencer par cette langue Ruc qu’elle continue de parler et apprend à ses petits-fils.
Les Fiches du Cinéma :
Documentaire-poème sur la transmission, non de simples savoir-faire et de connaissances, mais d’une présence au monde qui permette d’étendre son âme, tourné avec des moyens très simples, et en 16mm, "Hair, Paper, Water..." filme en symbiose le petit et le grand.
Tout public
Après le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, six guérilleros ont suivi Che Guevara dans sa tentative d’étendre le soulèvement au-delà de l’île. En 1967, après l’exécution du Che, ils se lancent dans un périple extraordinaire de 2 400 km, poursuivis par 4 000 soldats.
de Christophe RÉVEILLE
France, sortie en salle le 9 septembre 2026, 1h38
Festival cinéma 5 continents Franco-Genevois : PRIX DU PUBLIC
Première :
Vincent Lindon narre ce documentaire extrêmement malin qui alterne de belle manière les témoignages et les images d'archives, quand elles existent, de nombreuses séquences d'animation venant combler le récit dès lors que les images réelles viennent à manquer. Une belle manière de faire revivre une page oubliée de l'histoire.
Les Cahiers du Cinéma :
Qu’advint-il des six guérilleros cubains qui, en octobre 1967, survécurent à l’exécution de leur commandant, le Che, quelque part en Bolivie ? La réponse, savamment documentée par Christophe Dimitri Réveille, mérite le détour. Parce qu’elle permet de retracer en mode thriller l’odyssée haletante que fut le retour des combattants, en cinq mois, au pays natal
So Film :
Rares sont les documentaires qui manient aussi finement le suspense.
Abus de Ciné :
Un documentaire [animé] fascinant, sur une incroyable page d’Histoire.
Tout public avec avertissement
Dans la campagne du Nord-Est de la France. Les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot. Quand un notable du coin le pousse à bout, il déraille et disparaît. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, mène l’enquête. Entre intuitions fulgurantes et ratés spectaculaires, ses méthodes approximatives le mènent sur la piste des Attilas, des sangliers aux dimensions hors normes. Mais sa récente rupture amoureuse et la vodka dans laquelle flotte son cerveau n’aident pas. Heureusement, il y a Stéphane, la nouvelle psy de la gendarmerie : elle est là pour mettre un peu d’ordre dans son chaos — à moins que ce ne soit l’inverse ?
de Sarah ARNOLD
France, sortie en salle le 7 octobre 2026, 1h35
Tsounami :
À partir d’un polar rural en apparence classique, Sarah Arnold transforme L’Espèce explosive en une fable burlesque, politique et profondément sensorielle sur le désir, la violence sociale et les corps qui refusent de se soumettre. Entre chronique paysanne, cauchemar romantique et satire du pouvoir, la cinéaste signe un premier long métrage aussi chaotique qu’habité.
Positif :
Ce premier film sort du cadre, et pas seulement parce qu’il se déploie dans les Ardennes françaises aux côtés de sangliers énormes, d’agriculteurs énervés et d’un gendarme au cœur brisé ! À la croisée de l’enquête policière, de la cure psychanalytique et de la comédie (très) décalée, il s’avère aussi jubilatoire que politique.
SOIRÉE FESTIVAL DU FILM D'ENVIRONNEMENT : 2 FILMS à 18h et 20h30
Tout public
Le parcours atypique de Véronique Magny, créatrice ariégeoise
qui transforme les rebuts de nos poubelles en vêtements de Haute couture, une œuvre alchimique chargée de lumière et d'espoir.
de Jean Claude CHEYSSIAL
France, sortie en salle le 25 septembre 2026, 52 min
En présence de Véronique MAGNY
qui présentera son travail et répondra à vos questions après la projection du film.
Artiste engagée, le recyclage est au cœur de ses créations.
Elle détourne, revalorise et transforme nos rebuts en éclat du précieux,
sublimant ainsi ces matières en vêtements poétiques digne de la Haute Couture.
Sa griffe: le goût de l’élégance.
Cinéma Utopia :
Beaucoup de personnes que vous croiserez dans votre vie vous diront qu’elles sont uniques, à la marge, qu’elles pensent différemment des autres. Mais y a-t’il beaucoup de personnes pour lesquelles les déchetteries sont un véritable Jardin d’Eden (jardin des bennes ?), et pour lesquelles les rebuts et autres encombrants sont de véritables reliques, les matériaux d’une futur pièce inestimable, là où la plupart ne verrait qu’une saleté qui a fait son temps.
Le film suit donc Véronique Magny, musicienne, peintre, et artiste plasticienne. Son constat de la surconsommation, des ravages de la fast fashion l’ont fait bondir, et lui ont soufflé l’inspiration d’incroyables tenues en bâches-plastiques, sac à oignons ou autres emballages individuels de muffins, glanés dans les poubelles et autres déchetteries… Le genre de tenues dont on ne peut pas croire qu’elles sont faites de ces matériaux aussi pauvres et dont on ne peut pas concevoir qu’ils donneraient des tenues si poétiques et singulières, dignes d’un défilé de Haute couture parisien, avec ce petit grain de folie insufflé dans les manches, la coupe ou le chef…
Même si cet art de donner une seconde vie en revalorisant des déchets face aux défis environnementaux existe déjà (l’upcycling), Véronique l’élève à une nouvelle dimension, jusqu’à transformer « les déchets de notre société, en précieux, en poésie et en beauté ». La conscience de cette Terre-mère à laquelle elle est tant attachée, le Féminin Sacré symbole du renouveau des femmes «sorcières» d’aujourd’hui, la portent dans sa transe créative.
Tout public :
Depuis dix ans, le Dr Steve Boyes est à la recherche d’un mystérieux et insaisissable troupeau d’éléphants fantômes dans les hautes terres d’Angola. Il part avec des experts pisteurs namibiens, les meilleurs au monde, mais une question fondamentale se pose : ne vaudrait-il pas mieux garder ces éléphants gigantesques comme un rêve, plutôt que de les trouver dans la réalité ? Une exploration du rêve, de l’imagination, confrontée à la réalité, qui a emmené Werner Herzog dans ce que les tribus locales appellent le Pays du Bout du Monde.
de Werner HERZOG
USA, tourné en Angola,
sortie en salle le 1er juillet 2026, 1h39
aVoir-aLire.com :
Un explorateur et chercheur, Steve Boyes, a créé une fondation pour protéger des régions sauvages encore peu connues des hautes terres angolaises. Il est persuadé que des éléphants d’une espèce particulière vivent dans cette région d’une superficie égale à celle de l’Angleterre. Ils seraient les descendants de « Henry », un mammifère capturé dans les années 1950, et dont la réplique est exposée à la Smithsonian Institution de Washington DC. Mais il se trouve que c’est Werner Herzog qui, en tant que cinéaste, est chargé d’accompagner Boyes dans son périple africain. Certes, le réalisateur joue le jeu du documentaire explicatif et didactique, des profondeurs de la faune africaine aux laboratoires modernes américains, où des analyses informatiques croisent des tests ADN d’animaux, le tout avec une mise en perspective historique.
Libération :
A l’âge (83 ans) où d’autres pantouflent dans des productions indulgentes et se seraient ici confortablement planqués derrière le logo National Geographic et son vernis prestige, Herzog continue de mordre, piquer, entailler. Et livre avec "Ghost Elephants" un film bien moins inoffensif et léger qu’il n’y paraît sur notre déclin, dont les éléphants et le traitement qu’on leur réserve sont un reflet immédiat.
Monde :
Steve Boyes part de l’hypothèse que ses descendants foulent très probablement les mêmes terres et qu’ils peuvent peut-être constituer une sous-espèce inconnue d’éléphants. Ghost Elephants est alors le récit de cette traque. A voir.
Cher·es spectatrices et spectateurs,
L’association loi 1901 Ciné 9 s’emploie à défendre et promouvoir le cinéma d’auteur et le cinéma Art et Essai dans les salles de cinéma de l’Ariège. Cette association est ouverte à tous·tes depuis sa création en 2005 et les adhérent·es sont un soutien essentiel à ce projet culturel.
Grâce à ses adhérent·es, ses spectatrices et spectateurs et ses différents soutiens, cette association peut mener à bien une ligne de programmation exigeante et une politique d’animation active : soirées débats avec réalisatrices, réalisateurs ou intervenant·es, ciné-concerts, mini festivals …
Nous avons plus que jamais besoin de vous pour continuer à faire vivre ce lieu d’échanges et de rencontres autour du cinéma.
Vous pouvez télécharger le bulletin 2026 ci-dessous ou l'obtenir au guichet de vos cinémas.
Et vous pouvez choisir d'effectuer le règlement par chèque ou espèces transmis par courrier postal ou remis à l'association.
Il est rappelé que les projections et les animations sont ouvertes à tous·tes, adhérent·es ou non.
Au cinéma de Tarascon, avec la carte d'adhérent à Ciné9, vous pouvez bénéficier d'un tarif réduit à 5€ la place (au lieu de 7€) pour tous les films projetés dans ce cinéma.
Le bleu du miroir :
Présenté en clôture de la Semaine de la Critique 2026, Adieu monde cruel conclut de fort belle manière la sélection cannoise parallèle qui, comme chaque année, a offert un coup de projecteur sur des premières oeuvres, célébrant ainsi ce cinéma de la jeunesse, fragile et audacieux, souvent sensible aux états intérieurs et aux dérives mélancoliques. Pour son premier long métrage, Félix de Givry — apparu à l’écran chez Olivier Assayas ou Hazanavicius — signe un film séduisant traversé par les spectres du cinéma français romantique et adolescent.