Espace François Mitterrand à TARASCON

Les séances Ciné9 sont ouvertes à tout public

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mercredi 22 avril  20 h 30

 Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.

de Ildikó ENYEDI

Hongrie, sortie le 1er avril 2026 , 2h27

Le Polyester :

Les trois parties de Silent Friend, où l’on évoque les âmes et le sexe des plantes, racontent des quêtes émerveillées de savoir mais il s’agit aussi de trois récits de solitude et de rejet. Enyedi se penche sur différentes époques, différentes étapes du savoir scientifique, et différentes étapes de la place laissée aux femmes et aux minorités dans cette course à la connaissance ultime. L’autre point commun entre ces explorateurs solitaires, c’est un arbre centenaire (sans doute l’ami silencieux évoqué par le titre du film) planté majestueusement en plein milieu du campus. Ce dernier a beau être considéré comme un temple du savoir, le film nous parle ausis beaucoup de tout ce qui n’est pas encore su, ce qui est tu ou qui n’est pas compris.

Abus de Ciné :

La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi a été ovationnée dès la projection de presse vénitienne de son nouveau long. "Silent Friend" est un film qui tourne entièrement autour d’un arbre majestueux, un gingko (qui peut vivre jusqu’à plus de 1200 ans), dont la graine, en train de germer en accéléré, ouvre d’ailleurs le métrage. Planté dans le jardin botanique d’une université allemande, il est le point d’articulation de 3 histoires, disposées en des époques différentes.

mercredi 29 avril  20 h 30

 Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

de İlker ÇATAK

Allemagne, sortie le 1er avril 2026 , 2h08

Troiscouleurs.fr :

Le film est un pamphlet contre le régime autoritaire d’Erdoğan, dénonçant la répression des voix dissidentes et la censure dans les institutions culturelles et universitaires. Il explore également les compromissions personnelles et les dilemmes moraux que la précarité impose aux individus engagés, tout en abordant des questions de féminisme, de résistance artistique et de survie familiale.

L'atalante :

 Révélé avec son film précédent LA SALLE DES PROFS, le cinéaste allemand d’origine turque İlker Çatak dit s’être inspiré de la situation de nombreux intellectuels turcs ces dernières années, et particulièrement du procès fait au cinéaste Emin Alper (BURNiNG DAYS). Désireux de ne pas s’approprier directement un combat qui n’est pas le sien, İlker Çatak opère un choix métaphorique intéressant : comment représenter un territoire sans le filmer ? L’intrigue est censée se dérouler en Turquie, mais il assume par des cartons succincts avoir tourné son film en Allemagne (« Berlin joue le rôle d’Ankara »). YELLOW LETTERS nous plonge dans ce climat paranoïaque, et dans le dilemme moral de ce couple condamné à payer le prix de son engagement politique. Il ne perd rien de son talent pour mettre en scène l’urgence qui saisit ses personnages, sans pour autant réduire ces derniers à de simples rouages d’un suspense qui les dépasse… 

   mercredi 6 mai    |   21 h      heure d'été

 Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes.

de Carla SIMÓN

Espagne, sortie le 8 avril 2026 , 1h55

L'Atalante :

 Carla Simón est une réalisatrice catalane, formée en communication audiovisuelle à Barcelone puis à la London Film School. Son premier film, ÉTÉ 93 (2017), autobiographique, remporte plusieurs prix dont le meilleur premier film à la Berlinale et trois Goya. Son deuxième long métrage, NOS SOLEiLS (2022), reçoit l’Ours d’or à la Berlinale, et son troisième film, ROMERíA, est présenté en compétition au Festival de Cannes. 

Télérama :

 Romería est le troisième long métrage de la cinéaste catalane, mais le second (après Été 93, 2017) à explorer des blessures autobiographiques. Pour incarner son double, tout au long de cette enquête intime sur l’histoire de ses propres parents, elle a choisi une jeune actrice débutante d’un charme et d’une subtilité inouïe. À la table des secrets, la jeune Llúcia Garcia apporte sa vérité, une beauté réfléchie, lumineuse et émouvante, l’intelligence sensuelle de son corps, cette solide promesse de vie issue d’une génération sacrifiée. L’héroïne modeste et inoubliable d’un film magnifique, qui navigue entre deux époques, avec la grâce fragile et opiniâtre d’un grand voilier.

Radiofrance:

 Il y a ce choix de l'hyper-délicatesse, qui fait se cotoyer le miel et une rugosité qui sourd. Il y a des personnages odieux mais ça passe, dans cette chronique solaire. Il y a la fin, comme un faux flash-back de la jeunesse des parents, qu'on imagine être toujours imprégnés de la façon dont le personnage de la jeune fille les idéalise, les fantasme. Ça rappelle le cinéma de Mikhaël Hers, qui a fait Ce sentiment de l'été, qui travaille aussi cette extrême douceur et aborde la noirceur sous toutes ces couches de douceur.

   mercredi 13 mai    |   21 h      heure d'été

 Contrainte à un mariage forcé, Hicran s'enfuit de chez elle.

Inquiété par sa disparition, son supposé fiancé Riza quitte son village pour Istanbul, à la recherche de celle qu'il n'a pas eu le temps de connaître.

Face à la réalité d'un monde masculin qui veut la soumettre, Hicran s'abandonne à son destin qui ne cessera de la surprendre.

de Zeki DEMIRKUBUZ

Turquie, sortie le 15 avril 2026 , 2h40

Avoir-Alire :

On est en 2026 et, manifestement, les mariages forcés sont encore en vigueur en Turquie. C’est tout le drame de cette adolescente, Hicran, qui n’a d’autres solutions que de fuir le domicile familial, situé en pleine campagne. Elle pense qu’Istanbul est la capitale de la modernité avec des femmes et des hommes évolués, modernes, mais elle se retrouve acculée à d’autres problématiques tout aussi graves telles que l’enrôlement de force dans des réseaux de prostitution.

La grande intelligence du film de Zeki Demirkubuz se trouve dans le fait que le portrait de la jeune fille, de plus en plus présent au fil de la narration, passe essentiellement par le regard des hommes qui gravitent autour d’elle. On peut dire que le récit est construit en quatre parties, à savoir en premier temps la recherche au cœur de la capitale turque de l’adolescente par le mari supposé, en second temps le retour au village d’Hicran, en troisième temps la vie en couple avec un homme veuf et âgé, et enfin l’épilogue. Les hommes, en dépit des aspirations à l’émancipation et à la liberté, ne cessent de contraindre le destin de l’héroïne qui ne parvient jamais à échapper à leur emprise, du fait notamment du poids de la tradition. Le réalisateur refuse de céder à la facilité du manichéisme. Les hommes sont tout autant en souffrance dans un univers où ils perdent de leur aura et sont confrontés à une solitude affective tragique. Pour autant, leur violence implicite ne cesse de hanter les relations sociales dont les femmes sont les premières victimes.

L'Atalante :

Comment se fait-il que HAYAT soit le premier film de Zeki Demirkubuz à sortir en France ? C’est la question qui se pose en découvrant l’œuvre de ce cinéaste turc, considéré dans son pays comme l’équivalent de Nuri Bilge Ceylan. Remercions donc le distributeur Damned pour cette découverte : « un cinéma qui est là pour nous aider à comprendre, pour répondre à des questions et nous en poser de nouvelles, […] un cinéma profond et ambigu » comme le résume lui-même le réalisateur.

HAYAT pourrait être aussi un film sur l’amour, le mariage arrangé, sur les jeunes filles qui n’ont d’autre choix que de s’enfuir, mais c’est au final un film sur la Vie – c’est la traduction française du titre -, avec ses détours, ses arrangements et ses surprises. Avec ce film habilement construit et troué de magnifiques ellipses, Zeki Demirkubuz nous offre une œuvre profondément engagée et sans compromis, mais surtout sensible et au plus près de l’humain.

Lacomete :

Fidèle à son cinéma, Zeki Demirkubuz signe avec HAYAT une oeuvre sombre et introspective, entre fatalisme et quête d'absolu.

   mercredi 20 mai    |   21 h      heure d'été

Tout public

Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

de Gus VAN SANT

U.S.A, sortie en salle le 15 avril 2026, 1h45

culturopoing.com

Pour son retour depuis le convenu Don’t worry, he won’t get far on foot [2018], Gus Van Sant renoue avec son cinéma et son attrait pour les faits divers et les trajectoires violentes avec La Corde au cou. Grâce à une belle richesse formelle, Dead Man’s Wire (son titre original) est bien le film le plus habité du cinéaste depuis le militant et culte Harvey Milk [2009]. S’inspirant de l’affaire Tony Kiritsis, un homme surendetté qui prend en otage son courtier immobilier avec un collier de fortune dans l’Indiana, le récit s’ancre dans ce fait divers surmédiatisé. Il fait évidemment écho à de nombreuses affaires contemporaines, dont celle de Luigi Mangione. À l’époque, le ravisseur, en contactant lui-même une radio locale, a pu contrôler partiellement la narration de son geste et devenir un objet de fascination publique.

 Au cœur de la médiatisation de la fin des seventies, Gus Van Sant multiplie les points de vue, les archives et les techniques de mise en scène dans un format rare et plus vertical (le standard européen 1.66:1). Porté par une distribution flamboyante, le film repose sur la rencontre artistique et politique entre le Suédois Bill Skarsgård et Gus Van Sant. Cherchant à maintenir une distance nécessaire avec la violence états-unienne sans jamais l’occulter, le duo façonne avec méthode un criminel d’une authenticité redoutable, dont l’environnement rétro devient un théâtre aussi caustique qu’inquiétant.

Abus de Ciné :

Un incroyable fait divers comme base d’une stupéfiante comédie policière [...] Ce fut l’une des très belles surprises du dernier Festival de Venise, marquant le grand retour d’un cinéaste engagé et populaire à la fois : Gus Van Sant.  

Cher·es spectatrices et spectateurs,

L’association loi 1901 Ciné 9 s’emploie à défendre et promouvoir le cinéma d’auteur et le cinéma Art et Essai dans les salles de cinéma de l’Ariège. Cette association est ouverte à tous·tes depuis sa création en 2005 et les adhérent·es sont un soutien essentiel à ce projet culturel.
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Il est rappelé que les projections et les animations sont ouvertes à tous·tes, adhérent·es ou non.

 

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