Samid et Ayaz ont 50 ans d’écart mais une passion commune : le cinéma ! Tous deux ne tarissent pas d’idées pour ressusciter le cinéma de leur village perché au milieu des collines d’Azerbaïdjan. Lorsqu’arrive enfin le Graal : une ampoule pour le projecteur commandée depuis des mois. Les habitant·e·s se serrent dans la salle… mais la magie fonctionnera-t-elle ?
de Orkhan AGHAZADEH
Azerbaïdjan, en salle le 21 jan 2026 | 1h20
Première :
Né en 1988 en Azerbaïdjan, Orkhan Aghazadeh a appris le cinéma à Londres et c’est en retournant dans son pays tourner son court-métrage de fin d’études qu’il a fait la rencontre par hasard de Samid, un vieux projectionniste de l'époque soviétique, qui entend faire revenir le septième art dans le village au fin fond de nulle part où il vit. Sans se douter alors que, comme ses producteurs français de Kidam, séduit par son court, lui suggèrerait, quand il leur parle de Samid, d’en faire le sujet de son premier long métrage.
Un documentaire teinté de fiction - il a demandé parfois à ceux qu’on voit dans sa caméra de « rejouer » des moments qu’ils ont vécues et qu’ils lui ont racontées - qui nous entraîne au cœur d’un village reculé des montagnes Talyches, quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan.
Et plus précisément dans les pas donc de cet octogénaire qui rêve de pouvoir remettre en route le vieux projecteur soviétique qu’il possède pour réunir tous les habitants de ce hameau devant un grand écran.
Sa quête – à laquelle va s’adjoindre un jeune cinéphile… et très vite quasiment tous les villageois – donne naissance à ce film malicieux et émouvant, sorte de pendant du Cinema Paradiso de Tornatore, l’idée de transmission en plus mais avec ce même désir chevillé au coeur de célébrer le septième art et surtout l’impact que peut avoir le cinéma sur les vies de chacun, cinéphile pointu comme profane absolu. Le tout en 80 minutes menées sans temps mort et fourmillant tant d’idées et de rebondissements qu’on se croit régulièrement au cœur d’une fiction, imaginée par la crème des scénaristes.
Lenouvelobs :
Un documentaire plein d’humanité qui nous ramène aux origines du cinéma.
Pourquoi citer des noms d’« acteurs » dans la fiche technique de ce film documentaire ? Parce qu’en ressortent deux personnages et la sensation inoubliable d’un retour aux origines du cinéma. Quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, le trentenaire Orkhan Aghazadeh filme avec modestie, humanité et un beau sens du plan, le compagnonnage entre un vieil homme, projectionniste du temps de l’Union soviétique, et un jeune féru de dessins animés, qu’il pratique avec des bouts de ficelle et contre l’avis de son entourage. Leur combat ? Remettre en route le vétuste projecteur du village et organiser une séance pour les habitants. Mission presque impossible dans cette contrée coupée du monde moderne mais qui ravive le souvenir d’une époque où, malgré l’emprise communiste et la censure, la lumière de l’écran et la flamme du vivre-ensemble éclairaient encore la communauté.
Le film se déroule en 1982, et met en scène une petite fille qui assiste à l'arrivée et à la propagation du sida dans son pays.
Désert chilien : Lidia, 11 ans, grandit au sein d’une famille flamboyante qui a trouvé refuge dans un cabaret, aux abords d’une ville minière.
Quand une mystérieuse maladie mortelle commence à se propager, et qui touche sa mère adoptive, une travestie appelée Flamenco, la rumeur affirme qu’elle se transmettrait par un simple regard. La communauté devient rapidement la cible des peurs et fantasmes collectifs.
Dans ce western moderne, Lidia défend les siens.
De Diego CESPEDES
Chili, Sortie en salle : 18 février 2026 | 1h48
Présenté dans le cadre du Festival Cinélatino
et en présence du producteur
et de la compositrice de la musique du film
Ce film a remporté de nombreux prix,
dont celui du
dans la catégorie
Un Certain Regard | Grand Prix
ChériesChéris.com :
Après son court-métrage Les Créatures qui fondent au soleil (Chéries-Chéris 2022), le Chilien Diego Céspedes signe un magnifique premier long métrage récompensé du Prix Un Certain Regard – Cannes 2025. Dans ce western queer, il met en scène une famille recomposée de personnages trans, travestis, gay qui ont trouvé pour abri un bar-cabaret au milieu du désert, une véritable « cantina » pouvant accueillir différentes formes de dissidence. Il livre par ce biais une réflexion touchante sur les familles que l’on se choisit pour résister à l’ostracisation, la haine et à l’intolérance. Mélange détonant de western fordien, de conte tendre et cruel, de récit d’apprentissage et de coming of age, le film est un puissant éloge de l’amour (sous toutes ses formes et à tous les âges), de la création artistique, de la solidarité, du pouvoir du savoir et de la rencontre. Saluons aussi des interprètes hauts en couleur, avec notamment Paula Dinamarca (Mama Boa), magnifique en patronne bagarreuse et femme trans senior amoureuse, ainsi que l’émouvante Tamara Cortés dans le rôle de Lidia, jeune fille enquêteuse obstinée à connaître la vérité de la tragédie qui se joue.
aVoir-aLire.com :
Le Mystérieux regard du flamant rose concourt dans une liste exigeante et longue de la sélection Un Certain Regard. Si la concurrence est rude entre les longs-métrages, celui-ci se démarque par l’originalité, la fraîcheur, le propos et le talent de son jeune réalisateur. Le défaut principal demeure la longueur qui perd le spectateur dans des méandres psychologiques parfois à la limite de la prétention et de l’orgueil. Mais la mise en scène est maîtrisée, grâce à la palette des acteurs, pour certains de véritables travestis dans la vraie vie, habitués aux paillettes et aux spectacles de transsexualisme. Chacune en rajoute dans la féminité, les clichés, les outrances verbales et physiques mais sans jamais tomber dans la provocation gratuite.
Finalement, le sida est abordé de façon assez décalée. Le choix de la réalisation ne fait pas de cette maladie un psychodrame central où l’on verrait les corps se déliter peu à peu en l’absence de traitement. On reconnaît toutefois dans les visages émincés, affaiblis, et les tâches noires épaisses qui balayent les corps, les ravages d’une infection, qui rappelons-le, tue encore aujourd’hui en dépit de l’avancée des soins et des médicaments. Le Mystérieux regard du flamant rose n’est peut-être pas le meilleur crû de la sélection cannoise mais a le mérite de propulser notre regard dans les territoires isolés du Chili, rarement aussi bien mis en valeur au cinéma.
Musique : Florencia di Concilio
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