Cinéma Casino à AX-LES-THERMES

Les séances Ciné9 sont ouvertes à tout public

   jeudi 15 octobre  20 h 30   

Festival de Berlin 2026 - Ours d’argent de la Meilleure Interprétation pour Sandra Hüller  

Tout public

 En 1648, au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa véritable identité.

de Markus SCHLEINZER

Allemagnne, sortie en salle le 9 septembre 2026, 1h234

Le polyester - Nicolas Bardot :

 Rose réussissant à tromper toute une communauté : voici la surprenante dynamique d’un quiproquo de boulevard, trempée dans un drame historique en noir et blanc […]. Rose n’a besoin que d’enfiler un pantalon pour être pris pour un garçon : le film adhère à ce parti pris en soulignant l’absurdité des codes de genre. […] Incarnée par la toujours extraordinaire Sandra Hüller (qui n’a parfois besoin d’aucune expression pour suggérer énormément), Rose est un personnage fantastique par ce qu’elle accomplit (son culot héroïque, sa manière de se jouer des normes sociales, son talent pour faire fuir les ours) et ce qu’elle révèle de la communauté .

Franceinfo culture :

Sous la forme d'un conte de fées pour adultes, le réalisateur autrichien Markus Schleinzer revient sur l'histoire bien réelle de ces femmes qui autrefois firent le choix de se travestir en homme pour pouvoir vivre librement.

Tsounami:

Après Michael (2011) et Angelo (2018), Markus Schleinzer fait aujourd’hui le portrait d’une Rose – sous les traits de Sandra Hüller –, poursuivant son œuvre en donnant à chacun de ses films le prénom de son protagoniste. Comme si nommer un personnage suffisait à l’incarner avant même que le récit ne commence à l’éprouver. Chez le cinéaste, il ne s’agit jamais tant de raconter une histoire que de scruter un corps pris dans un système qui l’opprime : dès les premiers plans, la terre des campagnes brûle encore, elle fume, noircie par une bataille qui vient de s’achever. Des ossements émergent du paysage. Les hommes se sont battus ; il reste désormais à retourner à sa terre. Métaphore du combat que Rose doit encore mener ? Elle revient, elle aussi, de la guerre. Travestie en homme, le visage balafré, elle réclame une ferme abandonnée dont elle finit par hériter, comme si l’après-guerre imposait moins de survivre que de retrouver coûte que coûte une place dans l’ordre du monde. Schleinzer met en scène un conte populaire lui-même inspiré d’une histoire vraie du XVIIème siècle. Dans la campagne protestante allemande, une voix off retrace un destin, comme si elle cherchait à restituer une vérité ensevelie sous les bruits de cour et le bouche-à-oreille. Le film fait alors de l’existence de Rose une négociation permanente entre le corps, la propriété et les normes qui régissent l’une comme l’autre. Le folklore y côtoie la chronique judiciaire, l’indicible épouse la violence des institutions.

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