Cinéma LE REX à FOIX

Les séances Ciné9 sont ouvertes à tout public

   vendredi 24 avril    |   20 h 30 

 

Meral, une mère célibataire néerlandaise d’origine turque, est accusée à tort de fraude fiscale et contrainte de rembourser 34 000 euros d’allocations familiales. Prise dans un engrenage administratif redoutable et traquée sans relâche par un enquêteur social, Meral va prendre une décision radicale pour sauver sa famille.

 

de Stijn BOUMA

Pays-Bas, sortie en salle le 11 mars 2026, 1h31

Critique-film :

Disposer d’un sujet très fort est certes très important, mais est-ce suffisant pour réaliser un grand film ? On sait bien que non ! Bien que La traque de Meral soit son premier long métrage de fiction, Stijn Bouma a su réunir autour de ce sujet très fort tous les ingrédients permettant d’aboutir à un grand film. Il y a tout d’abord le choix de Dilan Yurdakul pour incarner Meral. Néerlandaise d’origine turque, présente dans presque tous les plans du film, elle interprète ce rôle avec une justesse époustouflante, comme si sa vie en dépendait. A ses côtés, la qualité de l’interprétation n’est pas en reste. Il y a ensuite le choix du réalisateur de traiter ce sujet à la façon d’un thriller. Grâce à d’excellents plans séquence, grâce à la qualité du montage, une très grande tension s’installe dès le début du film et elle ne faiblit jamais et, en tant que spectateur, vous avez très vite la boule au ventre face à la situation kafkaïenne que vit Meral. Il y a enfin la très belle facture de la photographie réalisée par Mick van Dantzig et la qualité de la musique composée par Minco Eggersman.

Avoir-Alire :

La mise en scène, dont les codes empruntent largement au thriller, utilise un montage habile où alternent fouilles inacceptables, menaces non justifiées ou scènes de filature inquiétantes et petites lueurs d’humanité. Si des lumières basses et ternes signifient l’enfermement de Meral, les grands espaces où elle évolue avec ses enfants signent sa détermination sans faille à se battre coûte que coûte. Par ce contraste entre la froideur d’un système impitoyable et la chaleur fragile des relations humaines, le film propose deux manières bien différentes de percevoir le monde.
À travers ce long particulièrement réussi, récompensé du Prix de la critique à Arras Film Festival 2024, le réalisateur néerlandais dresse le portrait bouleversant d’une mère dont la témérité à toute épreuve face à l’ogre étatique force le respect. L’interprétation de l’actrice Dilan Yurdakul, toujours dans le juste équilibre entre dévouement et tourment, contribue puissamment à nous convaincre du bien-fondé de la dénonciation de cette ignominie dont on aimerait pouvoir penser que la fiction a dépassé sa réalité. Elle s’inspire pourtant de faits bien réels qui, il y a une quinzaine d’année aux Pays-Bas, ont dégradé la vie d’un grand nombre de familles.

   vendredi 15 mai    |   20 h 30 

 Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?

 

de Eva Libertad GARCIA

Espagne, sortie en salle le 29 avril 2026, 1h40

LeBleudumiroir :

Eva Libertad, également diplômée en sociologie,  filme ce récit avec une délicatesse rare. Elle refuse de lisser la réalité ou de tomber dans le mélodrame facile. Son écriture ciselée explore avec empathie les micro-agressions du quotidien, les frustrations accumulées, la solitude d’une femme isolée par sa surdité dans un monde fait pour les entendants. Le travail du son devient lui-même un langage cinématographique, nous rapprochant intimement de la perspective d’Ángela, jusqu’à ce dernier segment bouleversant où nous ressentons physiquement les épreuves imposées par une société validiste.

Cineville :

Premier long métrage de la cinéaste espagnole Eva Libertad, Sorda est inspiré de son vécu et de celui de sa soeur, Miriam Garlo, actrice sourde à qui elle en a confié le rôle principal. Adoptant le point de vue de cette dernière, le film procède par touches sensibles, épousant sa perception du monde pour en traduire les nuances et la complexité. La réalisatrice préfère aux facilités démonstratives une expérience sensorielle ancrée dans la réalité et servie par une mise en scène subtilement immersive. Elle dépasse ce faisant le cadre étriqué du film à thème pour livrer un magnifique portrait de femme, auquel Miriam Garlo apporte justesse et intensité.

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